Avant tout...

Ce blogue est un travail scolaire. Voyeurs pervers, commentateurs mesquins et autres chercheurs d'embrouille : passez votre chemin.
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7 novembre 2011
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      Je suis allée voir le nouveau film de Philippe Falardeau au Clap dernièrement, Monsieur Lazhar. J’avais l’intention d’en faire une chronique (non pas une critique). Je voulais parler de notre système scolaire qui s’en va doucement à la dérive. Je voulais peut-être parler aussi de ces petites chrysalides du début du secondaire qui ont vécu un vrai drame. Je voulais peut-être même faire un lien avec l’atelier contre le suicide que j’ai eu dans le cadre d’un de mes cours d’éducation physique il y a peu de temps.

Bref, vous vous doutez surement que cette chronique aurait débordé de partout.

Cependant cette soirée-là alors que j’attendais le bus pour rentrer chez moi, encore toute chamboulée de l’histoire si touchante que je venais de voir au cinéma, j’ai été témoin d’une drôle de situation. 

J’étais sur la rue Ste-Foy. À l’arrêt de bus juste en face de la Pyramide. Il y a un passage piéton qui permet aux gens de traverser la rue « en toute sécurité ». Et il y avait un homme de l’autre côté de ce passage piéton. Vous savez ce qu’il faisait? Il se foutait en plein milieu de la rue dès qu’une voiture passait.

Au début, j’ai pensé : mais quel fou! il veut se faire happer ou quoi? Il faisait la même chose chaque fois qu’une voiture arrivait : il se mettait au milieu de la rue. Et ensuite, j’ai compris son manège… Un homme a ouvert sa fenêtre et le dingo lui a répondu « C’est un passage piéton ici! Il faut ralentir! »

Mais quelle façon mauvaise de procéder! 

Je sais qu’il y a de belles lignes jaunes en plein milieu de la rue. Je sais aussi qu’il y a de grosses pancartes blanches des deux côtés de la circulation pour avertir les automobilistes que c’est effectivement un passage piéton et que ceux-ci ont la priorité. Mais je sais cependant que la majorité de ces automobilistes n’en ont rien à foutre, quitte à klaxonner sans raison un piéton qui prend la peine de traverser au bon endroit, ou même à lui envoyer des jurons accompagnés d’un doigt d’honneur.

La cause du dingo était juste. Mais sa façon de procéder était piètre. Il a juste réussi à mettre sa vie et celle des autres en danger. Mais cette soirée-là, je me suis demandé « Bordel, c’est vrai. Que faut-il, au Québec, pour faire comprendre aux automobilistes qu’on doit respecter ces passages? »

Vous ne trouvez pas ça navrant vous de voir que la société fournit autant de vains efforts afin de permettre aux piétons de traverser les rues? Ces insignes, ces lignes orangées sur l’asphalte, ces brigadiers, ces petits pitons près des feux de circulation, ne sont-ils pas là pour leur permettre de traverser la rue « en toute sécurité »? Alors je vous le demande, pourquoi, POURQUOI, n’est-ce pas le cas? Pourquoi dois-je courir pour traverser la rue même quand c’est moi qui ai la priorité? Pourquoi inventons-nous des endroits précis pour les piétons alors que la majorité de la population s’en crisse? Pourquoi les gens tournent-ils quand même à droite quand c’est au piéton de passer aux feux de circulation? Pourquoi me fais-je klaxonner quand je décide de ne pas attendre que la rue soit totalement déserte lorsque je traverse sur ces fameuses lignes orange? Pourquoi est-ce devenu si dangereux d’être piéton de nos jours? 

Ce dingo avait vu juste : il y a un problème.

Et même s’il a mis des gens en tabarnaque cette soirée-là, il m’a permis d’ouvrir les yeux. Je suis certaine que je n’étais pas la seule à avoir eu cette même pensée. 

Le dingo est rentré dans son bus en direction du centre-ville.

J’ai repris mon souffle. J’ai remis mes écouteurs. Je suis rentrée chez moi et j’ai écrit cette chronique en espérant ouvrir les yeux aux gens qui n’ont pas eu la chance de voir cet homme et son fameux manège.


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